Elle est là, devant moi. Mais son regard est ailleurs. Son corps est immobile, entièrement happé par la vision qu’elle s’invente. Je suis fascinée que ce monde, bruyant et animé, ne parvienne pas à la retenir. Par quel truchement parvient-elle à s’extraire de cette pièce qui, moi, me colle au réel ? J’aimerai la suivre dans cet ailleurs qui n’existe que pour elle, que je ne connais pas et en même temps, j’ai peur. Elle est encore si petite pour entreprendre un tel voyage. Elle n’a pris aucun bagage. Retrouvera-t-elle le chemin du retour ?
dimanche 22 mai 2016
dimanche 15 mai 2016
Cet anniversaire que l'on ne fêtera pas
Voilà un an que vous êtes partie.
Même ici, je ne me résous pas à vous tutoyer. J’entends encore votre rire, votre voix. Si je ferme les yeux, je vois votre visage et pourtant, voilà un an que vous êtes partie.
mercredi 11 mai 2016
Lecture
Il y a des moments qui vous remplissent et de joie et de peur. C'est pleine de cette ambivalence que je me suis rendue hier à la médiathèque Ernest Coeurderoy de Tonnerre où étaient organisées les rencontres littéraires Beyrouth/Bourgogne, animées par Salma Kojok. J'avais hâte de découvrir les amis de Salma, venus du Liban pour visiter la Bourgogne et partager leur amour des mots. J'avais hâte d'entendre des extraits de leurs textes. J'avais hâte de revoir Salma et mes amis de l'atelier d'écriture. Mais, j'étais tétanisée à l'idée de sortir de mon sac la feuille de papier qui contenait une part si lourde de ce que je tenais pour moi seule depuis 5 ans.
dimanche 8 mai 2016
En fumée
L’histoire l’appelle. C’est un moment rare, elle ne se précipite pourtant pas. Elle enroule ses cheveux, puis les laisse retomber dans son dos ; elle aime la sensation de ses cheveux qui coulent dans son dos. Elle se lève du bord du monde où elle repose toujours et fredonne cette mélodie de mystère dont elle se pare souvent. Je connais cette chanson maintenant. Je sais l’amour perdu et l’espoir de le voir revenir. Toute à cette nostalgie, je n’ai pas osé lui dire, que ça n’arrivera pas.
dimanche 1 mai 2016
Paume
Je tends la main, dans un geste machinal. Sa petite main se glisse dans la mienne, sans un mot, sans un regard, comme attirée par un aimant. Nous marchons dans cette rue, traversons une route. Mon cœur palpite, je pressens le danger qui nous frôle. Je veux être un rempart, mais je suis plus fragile puisqu’elle n’a pas cette peur.
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