vendredi 17 avril 2026

Retour de lecture sur : "La nuit au cœur" de Nathacha Appanah


Synopsis :

« De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces cœurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu’ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l’impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d’une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du cœur, du corps, de l’esprit.

De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d’avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd’hui.

Cette femme, c’est moi. »

La nuit au cœur entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l’énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l’amour.

Terrible récit écrit sous la plume superbe d'une autrice que je découvre, que je relirai sans doute. 

Il s'agit ici de biographies croisées, où la fiction n'a rien à faire. Tout (ou presque) est dit par le formalisme de mots, de tournures qui hésitent, tâtonnent, rendent toute la difficulté de l'aveu, toute la douleur vécue, toute la force des femmes. 

mercredi 25 mars 2026

Retour sur la pièce de théâtre : "Cyrano de Bergerac" avec Edouard Baer

Texte : Edmond Rostand

Mise en scène : Anne Kessler, sociétaire honoraire de la Comédie Française, assistée de Maïa Godin Hadji-Lazaro

Avec : Edouard Baer, Catherine Salviat, Christophe Meynet, Rémi Briffault, Florent Hu, Alexia Giordano, Gilles Gaston Dreyfus, Tito El Frances, Aïtor De Calvairac, Michel Dussarat, Grégoire Leprince-Ringuet, Atmen Kellif, Telma Bello et Jeanne Fuchs

Synopsis : Tout le monde se trompe sur Cyrano. Cyrano est un Roc… friable, multiple, sensible, entier, éperdu, brillant, fidèle, abandonné par les grâces et pourtant étincelant de cœur et d’âme.

À côté de Cyrano, nous sommes tous gris, définitivement gris. 

Sacré pari de tenter d’approcher cette icône du répertoire. Amoureux des mots, de la langue, de la poésie, homme de troupe, passeur d’émotions, Edouard Baer rencontre Cyrano comme une évidence. 

Sous la houlette d’Anne Kessler, une troupe de 14 comédiens servira un chef d’œuvre où tragique et sublime se conjuguent dans une langue hors du commun.


jeudi 28 août 2025

Retour de lecture : "Son odeur après la pluie" Cédric Sapin-Defour

 

Couverture "Son odeur après la pluie" de Cédric Sapin-Defour chez Poche

Synopsis : 

C’est une histoire d’amour, de vie et de mort entre un homme et son bouvier bernois, Ubac, qui, en même temps qu’il grandit, prend une place toujours plus centrale dans le quotidien du narrateur. Certaines pages, Ubac pue le chien, les suivantes, on oublie qu’il en est un, et l’on observe ces deux êtres s’aimant, tout simplement. Un lien mystérieux qui, se passant de mots, nous tient en haleine. Une existence inquiète et rieuse, intense, où tout va plus vite et qu’il s’agit de retenir. Et l’inéluctable séparation dont on ne voudrait pas mais qui lui donne toute sa substance. Reste ce fichu manque. Ces griffes que l’on croit entendre sur le plancher et cette odeur, malgré la pluie, à jamais disparue. Nul besoin d’être converti pour partager ces treize années d’intimité. Cette histoire est universelle.


Ce livre m'a bouleversée et ce, dès les premières lignes. La préface de Jean-Paul Dubois y a été pour beaucoup, posant en prélude du roman, avec une grande tendresse, son avis argumenté de lecteur mêlé, en filigrane, à sa propre expérience de vie auprès de compagnons à quatre pattes. L'écriture de l'auteur - magnifique ! - m'a happée dans l'intimité de cette histoire qui fait immanquablement résonner des notes en soi.

Car ce livre raconte une histoire vraie. D'amour. Particulière et universelle. Une aventure de vies mêlées. Intense et pourtant, toujours trop courte. 

dimanche 22 octobre 2023

Silence


Il y a plusieurs espèces de silence.

Celui, terrible et insupportable, de la solitude qui résonne et s'entrechoque contre les murs, qui enferme et désespère.

Celui, plus doux, qui invite à la patience parce que les mots que l'on attend sont occupés ailleurs, mais laissent une forme d'aura lointaine, murmurent une pensée certaine, promettent un retour imminent.

Et il y a celui qui m'entoure ce matin, que je n'ai pas envie de rompre. Il est plein de présences endormies, de rêves et de soupirs bienheureux, brisé parfois par un mouvement, une couverture que l'on remonte jusqu'à son nez. Ce silence est précieux, chaleureux et doux comme des bras aimants. Il protège des êtres qui ont grandi mais qui à ce moment, cernés de sommeil, sont redevenus minuscules dans leurs berceaux immenses.

dimanche 28 mai 2023

E-boutique "Terres d'Utoh"


Mes romans ont passé quelques semaines sans adresse, sans perspective. Faralonn éditions a fermé ses portes et presqu'au même moment des êtres chers se sont envolés. La peine a pris le dessus, les livres sont passés au second plan. Dépassée par les événements et mes émotions, je ne me suis pas préoccupée de l'avenir mes personnages. Et comme toujours, ils ont fait preuve de patience. Témoins muets de ma peine, ils ont attendu que je revienne à eux.