mercredi 25 mars 2026

Retour sur la pièce de théâtre : "Cyrano de Bergerac" avec Edouard Baer

Texte : Edmond Rostand

Mise en scène : Anne Kessler, sociétaire honoraire de la Comédie Française, assistée de Maïa Godin Hadji-Lazaro

Avec : Edouard Baer, Catherine Salviat, Christophe Meynet, Rémi Briffault, Florent Hu, Alexia Giordano, Gilles Gaston Dreyfus, Tito El Frances, Aïtor De Calvairac, Michel Dussarat, Grégoire Leprince-Ringuet, Atmen Kellif, Telma Bello et Jeanne Fuchs

Synopsis : Tout le monde se trompe sur Cyrano. Cyrano est un Roc… friable, multiple, sensible, entier, éperdu, brillant, fidèle, abandonné par les grâces et pourtant étincelant de cœur et d’âme.

À côté de Cyrano, nous sommes tous gris, définitivement gris. 

Sacré pari de tenter d’approcher cette icône du répertoire. Amoureux des mots, de la langue, de la poésie, homme de troupe, passeur d’émotions, Edouard Baer rencontre Cyrano comme une évidence. 

Sous la houlette d’Anne Kessler, une troupe de 14 comédiens servira un chef d’œuvre où tragique et sublime se conjuguent dans une langue hors du commun.



Il est assez rare que j'aille au théâtre mais là, il s'agissait de Cyrano mis en corps par Edouard Baer. La représentation a eu lieu à Troyes le 19 mars 2026 au soir, au Théâtre de Champagne. Impossible de ne pas y assister et il faut avouer que ce fut un vrai moment de qualité ! 

Le texte d'Edmond de Rostand était là (quelque peu raccourcit pour répondre aux contraintes de temps de la représentation mais les coupes étaient faites de manière habile et ne s'en sont pas ressenties), admirablement mis en scène et... en musique, ici et là, par quelques notes de guitares et d'accordéon. 

Quant à Edouard Baer... son interprétation de Cyrano était personnelle, tendre et énergique, drôle et émouvante... d'une justesse touchante. Quel plaisir de retrouver ce fameux soldat poète et ces passages en vers tellement savoureux (comme des pâtisseries de Ragueneau). Certains étaient attendus comme la tirade du nez à l'acte I ou la scène du balcon à l'acte III. 

Quand l'amour au premier regard rencontre l'amour des mots et les mots de l'amour... Cyrano fidèle à lui-même, se lance à cœur perdu dans un jeu de dupes en devenant la voix et la plume du jeune et charmant Christian, pour les beaux yeux de sa chère Roxanne. C'est l'occasion d'exprimer à cette dernière, sous d'autres traits, l'amour qu'il éprouve pour elle depuis l'enfance.

Le charme agit tant et si bien que les mots et les lettres de Cyrano prennent le pas sur le beau minois de Christian et que c'est de l'âme finalement que s'éprend la belle. Pour le plus grand malheur du jeune premier qui n'est pas si sot et comprend et se donne la mort, de désespoir. 

Le secret n'est révélé qu'à la scène finale, dramatique mais splendide. Je l'attendais bien sûr avec impatience ce point d'orgue de la pièce : la révélation de l'âme...

Il y avait ces passages vibrants : "Non, non, mon cher amour, je ne vous aimais pas !" et cet au revoir fantastique, cette revanche sur le sort de Cyrano, moribond, qui s'effondre en hissant haut, une dernière fois, le drapeau de son "panache".

Quel talent ! Encore bravo !

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