
Elle est là, devant moi. Mais son regard est ailleurs. Son corps est immobile, entièrement happé par la vision qu’elle s’invente. Je suis fascinée que ce monde, bruyant et animé, ne parvienne pas à la retenir. Par quel truchement parvient-elle à s’extraire de cette pièce qui, moi, me colle au réel ? J’aimerai la suivre dans cet ailleurs qui n’existe que pour elle, que je ne connais pas et en même temps, j’ai peur. Elle est encore si petite pour entreprendre un tel voyage. Elle n’a pris aucun bagage. Retrouvera-t-elle le chemin du retour ?



